TRANSES / TRANCE





UNE EXPOSITION DE CINEMA, PHOTOS ET VIDEOS
http://www.images.ventenac.net


du 16 Juillet au 17 Septembre 2011
de 15 heures à 19 heures
tous les jours sauf Lundi.


5 route de Saint-Nazaire,
11120, Ventenac en Minervois.
04 68 43 53 52
contact@ventenac.net



A CINEMA, PHOTOS AND VIDEOS EXHIBITION
http://www.images.ventenac.net

From July 16 to September 17, 2011
From 3:00 pm to 7:00 pm
Every day except Monday


5 route de Saint Nazaire
11120 Ventenac en Minervois
Phone: + 33 4 68 43 53 52
Email : contact@ventenac.fr




L'exposition de l'été 2011 à Ventenac en Minervois va présenter des films documentaires et des vidéos d'art contemporain autour du thème de la transe.

On pourra voir :

- "La taranta", un film de 14 minutes, réalisé en 1960 par Gianfranco Mingozzi, avec l'ethnologue Ernesto de Martino. Il montre avec une grande force poétique et plastique les femmes "tarentulées" mimant l'araignée dans certaines églises des Pouilles.

- Un montage de fragments de films provenant du Rumi Institute de l'Université de Nicosie (Chypre), rares témoignages des séances de danse mystique des derviches tourneurs dans les années trente, avant leur interdiction.

- "Le souffle du récitant comme signe", de Yazid Oulab (Marseille), oeuvre qui a été présentée entre autre au Centre Pompidou à Paris, dans le cadre de l'exposition "Traces du sacré".

- "J'enrobe les mains" de Côme Mosta-Heirt, une vidéo qui met en scène l'artiste dans une séquence hystérique.

- "Maria Callas" d'Ange Leccia, une vidéo qui a été présentée au musée Rodin lors d'une "Nuit des musées" et qui est prétée par le MAC/VAL, musée d'art contemporain du Val de Marne.

Tous ces artistes s'inspirent ou utilisent les modalités de la transe. L'exposition est un lieu d'échos entre ces oeuvres contemporaines et une pratique ancestrale particulièrement présente autour du bassin méditerranéen.




The Summer 2011 exhibition in Ventenac en Minervois will present documentary films and contemporary art videos around the theme of trance.

Will be shown :

- "La taranta", a 14 minutes film directed in 1960 by Gianfranco Mingozzi, with the ethnologist Ernesto de Martino. It shows with great poetic and plastic strength the "tarantuled" women miming the spider in churches of Apulia Region of Italy.
- Edited fragments of old films coming from the Rumi Institute of the University of Nicosia (Cyprus). These are rare testimonies of mystic dances performed by the whirling dervishes in the thirties, before their banning.
- "Le souffle du récitant comme signe" ("The narrator's breath as a sign"), by Yasid Oulab (Marseilles), a work that was shown at the Centre Pompidou in Paris, as part of the exhibition "Traces du Sacré" ("Traces of the Sacred")
- "j'enrobe les mains" ("I wrap up the hands") by Côme Mosta-Heirt, a vidéo that directs the artist in a hysterical sequence.
- "Maria Callas"by Ange Leccia, a video that was shown at the Rodin Museum during a "night of the museums" and is lent by the MAC/VAL, the Contemporary Art Museum of Val de Marne.

All these artists are inspired or use the trance's modes. The exhibition is a place of echo between these contemporary works and an ancestral practice particularly wide spread around the Mediterranean Basin.



Exposition bénéficiant du soutien de la Région Languedoc-Roussillon, du Conseil Général de l'Aude et de la Commune de Ventenac en Minervois.












TRANSES



Dans la transe les corps agissent : cris, danses, chant, extase. Ces actes sont associés à un état de conscience qui est une marque de l'humanité : ne pas se contenter d'être ce que l'on est, vouloir échapper à sa condition. Depuis la "mania" des grecs cette pratique s'est étendue autour du Bassin Méditerranéen, du Sud au Nord, du monde européen à l'arabo-musulman.

Les femmes tarentulées, dans "La taranta", le film magnifique de G. Mingozzi et E. de Martino, s'identifient, grâce à la musique, à l'araignée qui est censée les avoir rendues malades. Elles font l'araignée: couchées sur le dos, en faisant plus ou moins complètement le pont en arrière, elles se déplacent en se servant de leurs membres comme de quatre pattes. Ce comportement a pour but de chasser le venin, d'exorciser le mal. Mais c'est aussi l'occasion de se comporter publiquement en hystérique, suivant un mode connu de tous, d'afficher (de se délivrer de) leur malheur intérieur. Cette socialisation de l'hystérie, par la musique et la danse, dans certaines églises du Sud de l'Italie, entraîne la transe du côté de la communication et de la théatralité, elle devient spectacle.

"J'enrobe les mains", l'oeuvre-vidéo de Côme Mosta-Heirt expose aussi l'hystérie comme mise en scène du corps dans son trouble d'être : dans le silence, des mains d'homme aux ongles peints retiennent et déchirent la robe de satin jaune qui couvre le corps sans tête; le trouble naît de l'ambivalence sexuelle et de la dissimulation/du dévoilement du fantasme "plastiquement figuré".

Mise en forme, stylisation, rituel de la transe, c'est par l'utilisation d'éléments esthétiques que s'opère la distanciation par rapport au commun, l'accès à une autre sphère, celle du sacré. La danse extatique ("samâ") des derviches tourneurs qui conduit à une "transe ritualisée" est remarquable par son caractère très contenu. Bien que le tournoiement des danseurs ait quelque chose d'hallucinant à voir, le spectacle qu'offre cette danse reste toujours empreint d'un grand calme. Tout y est extrêmement contrôlé, dominé, ordonné, à l'image de la grande mécanique céleste qu'elle symbolise en figurant le mouvement de révolution des planètes. Dans cette sérénité cosmique, si le danseur est en transe il n'en parait pratiquement rien alors "qu'au douzième degré du chemin contemplatif...il voit et connait, par la science certaine et la vision certaine que toute existence appartient à Dieu...il est , à ce stade, une perle spéciale digne d'appartenir au très pur trésor de Dieu." (Ismail Rusuhi Anqaravi, mort en 1631)

A son tour Yazid Oulab, artiste musulman et soufi, construit avec beaucoup de délicatesse une oeuvre métaphorique et contemplative qui unit le chant des soufis de Mostaganem récitant la troisième sourate ("Marie") du Coran, la danse des fumées d'encens et la sonorité d'une cloche tibétaine. C'est "Le souffle du récitant comme signe." Ici aussi l'intention est spirituelle : "Le chant nous plonge dans une méditation profonde, la fumée quand à elle capture la vision et nous entraîne dans la contemplation de l'insaisissable."

Enfin, dans "Maria Callas", Ange Leccia a ralenti à l'extrême et monté en boucle le mouvement du visage de la chanteuse. Celui-ci se réduit à un clignotement hypnotique, à une pulsation muette et poétique. "Le moment porte la tension du chant à venir : la cantatrice se ressource, concentre son énergie et va reprendre un air que nous n'entendrons jamais."(Isabelle Limousin). Cette "image-mouvement" exprime remarquablement cette évidence: le chanteur d'opéra est le dernier avatar du possédé. Sa "transe de possession lyrique" vise à la réalisation d'un besoin purement esthétique mais témoigne aussi que l'état de transe est un universel des sociétés humaines, quelque soit leur stade d'évolution. Face au malheur, au trouble d'être, à la conscience de son inaccomplissement l'effet cathartique de la transe trouve un relais dans l'effet de l'art. (F.M.)



Voir :
Alberto Fabio Ambrosio, "Vie d'un derviche tourneur. Doctrine et rituel du soufisme au XVIIème siècle", CNRS éditions, 2010.
Gianfranco Mingozzi, "La taranta, il primo documento filmato sul tarantismo", Kurumuny edizioni, 2009.
Gilbert Rouget, "La musique et la transe", préface de Michel Leiris, "Tel", Gallimard, 1990.



Voir aussi, dans la rubrique "Textes et liens amis" le texte qu'a rédigé sur la transe, à l'occasion de l'exposition, Edmonde Chauvel, psychologue clinicienne, psychanalyste.



TRANCE



In trance, the bodies are acting: screams, dances, singing, ecstasy. These acts are associated with a state of consciousness which is a mark of humanity: not to content yourself with what you are, the will to escape from your condition. Since the "Mania" of the ancient Greeks, this practice spread over the Mediterranean Basin, from the South to the North, from the European world to the Arab-Muslim.

The tarantuled women, in "La taranta", the magnificent film by G. Mingozzi and E. de Martino, identify, thanks to music, with the spider who is supposed to have made them ill. They do the spider: lying down on their back, doing more or less a crab, they move around, using their limbs like four legs. The purpose of this behavior is to chase out the venom, to exorcize the evil. But it is also the opportunity to behave in public as a hysteric, according to a form known by everybody, to exhibit (to free themselves from) their inner suffering. This socialization of hysteria, through music and dance, in some churches of Southern Italy, drags trance towards communication and theatricality; it becomes a performance.

"J'enrobe les mains" ("I wrap up the hands"), the video work by Côme Mosta-Heirt, also shows hysteria through a body performance in its turmoil of being: in dead silence, manly hands with painted nails hold back and tear open the yellow satin gown that covers the body without a head; the confusion arises from the sexual ambivalence and from the dissimulation/disclosure of the "plastically represented" fantasy.

Taking shape, stylization, trance ritual, it is through the use of aesthetic elements that a distance occurs from the common run of people; access to another sphere, that of the sacred. The ecstatic dance ("Samâ") of the whirling dervishes, which leads to a "ritualized trance", is remarkable for its very restrained nature; Although the whirling of the dancers is somehow staggering to look at, the sight presented by this dance is always stamped with a great composure. Everything is extremely under control, dominated, well-ordered, in the image of the great celestial mechanics it symbolizes by representing the revolving movement of the planets. Within this cosmic serenity, if the dancer is in a trance, he doesn't practically let anything show, while "at the twelfth step of the contemplative path, he sees and knows, according to the certain science and the certain vision, that any existence belongs to God...he is, at this stage, a special pearl worth belonging to the very pure treasury of God." (Ismail Rusuhi Anqaravi, dead in 1631).

As for Yazid Oulab, a Muslim and Sufi artist, he builds with great refinement a metaphoric and contemplative work that combines the singing of the Mostaganem Sufis reciting the third sura ("Mary") of the Koran, the dance of incense smokes, and the tone of a Tibetan bell. It is "The narrator's breath as a sign". Here also the intention is spiritual: "The song plunges us into a profond meditation, the smoke, for its part, captures the sight and leads us to the contemplation of the elusive."

Finally, in "Maria Callas", Ange Leccia has slowed down to an extreme degree and edited to be shown constantly, the movements of the singer's face. These are reduced to a hypnotic blinking, to a silent and poetic beat. "The moment bears the tension of the singing to come: the prima donna finds herself again, focuss her energy, and is to resume an aria that we will never hear." (Isabelle limousin). This image/movement expresses outstandingly this evidence: the opera singer is the last avatar of the possessed. His "trance of lyric possession" is aimed at the fulfillment of a purely aesthetic need, but also testifies that the state of trance is a widespread feature of human societies, whatever their stage of evolution. Faced with adversity, with the turmoil of being, with the awareness of non-fulfillment, one finds in the impact of the art, a relay to the cathartic effect of the trance. (F.M.)




- 1 - ANGE LECCIA
Minerviu(Corse), 1952; vit à Paris



MARIA CALLAS 1982
Vidéo, couleur, muet, 30 minutes en boucle
prêt du MAC/VAL, Musée d'art contemporain du Val de Marne, acquis avec la participation du FRAM Ile-de-FRance.




"Formé aux arts plastiques en Corse au tout début des années 1970, Ange Leccia prend d'abord son île pour sujet en projetant sur la mer, depuis une maison, la reproduction d'un tableau primitif italien. L'image, visible sur la blancheur de l'écume à la tombée de la nuit, apparaissait et disparaissait avec le mouvement des vagues.
L'artiste poursuit ensuite une double activité de peintre abstrait et de cinéaste. Formé par Dominique Noguez, admirateur de Warhol, Mekas, Antonioni, Pasolini, Fassbinder et Godard, Ange Leccia s'intéresse au non-dialogue, à la solitude, ou encore à la dissociation son/image et réalise Stridura(1980) avec Pierre Clémenti, oeuvre filmique remarquée.
Pensionnaire à l'Académie de France à Rome de 1981 à 1983, il réalise un film expérimental à partir d'un concert de Maria Callas programmé sur une chaîne de télévision italienne. L'artiste reprend les morceaux de films, d'abord laissés de côté, où la cantatrice ne chante pas, passe ces chutes à la visionneuse activée lentement, à la main, et filme à nouveau les images qui défilent. Le passage d'un support à l'autre (enregistrement vidéo, film super-8, enregistrement vidéo) et la perte de définition qui en résulte donnent un effet dématérialisé aux images, une palpitation à la lumière et suggèrent une douce profondeur.
L'artiste a sélectionné des plans cadrés sur le visage de la cantatrice qui, simplifiés et isolés, favorisent une forte impression rétinienne. Nimbée d'un bleu sombre, flou, Maria Callas semble surgir d'une pensée remémorée. Elle ne chante pas, mais on observe les mouvements de son visage délicat et vulnérable, yeux baissés, et l'intériorité de son attitude.
L'image pulse légèrement, comme un coeur qui palpite, et donne vie à une présence troublante. Le moment porte la tension du morceau à venir : la cantatrice se ressource, concentre son énergie et va reprendre un chant que nous n'entendrons jamais.
Cette oeuvre un tantinet mélancolique, sans nul doute celle d'un admirateur, invite à la contemplation. Elle n'est pas narrative mais suscite une émotion nostalgique. Et les mêmes images reviennent, montées en boucle, obsédantes. "Mes pièces sont comme des sabliers, des moments qui s'épuisent et se régénèrent sans cesse"(Ange Leccia)." (Isabelle Limousin)


- 2 - CÔME MOSTA-HEIRT
Le Havre, 1946; vit à Paris et à Etretat


"J'ENROBE LES MAINS" 1997
vidéo, couleur, muet, en boucle
prêt de l'artiste












"J'enrobe les mains

La robe, on dit la robe d'un cheval. Et le cheval qui se cabre est en transe. Voilà le début de mon aventure avec l'hystérie. Drôle d'ambiance charnelle.
Mon travail sur les volumes peints que je place dans l'espace est parfois fatigant, je dessine donc pour satisfaire une activité légère et cérébrale. Depuis 1978, j'ai décidé de faire des films pour développer ce complément artistique nécessaire à ma pratique plastique. Je dois dire aussi que le langage et la parole m'intéressent beaucoup et par voie de conséquence la lecture.
Soyons abrupts
"Un symptôme hystérique est l'expression d'une part d'un fantasme sexuel inconscient MASCULIN, d'autre part d'un fantasme sexuel inconscient FEMININ."
Je me contente de poser la thèse et d'en éclaircir la portée...
Excusez du peu; c'est Freud qui écrit ça dans un ouvrage de 1908 : "Les fantasmes hystériques et leur relation à la bisexualité."
Bon d'accord en pleine interrogation juvénile je lis cela.

Et puis un jour en lisant "Ce que nous voyons ce qui nous regarde" de Georges Didi-Huberman, je tombe sur une citation de Freud.
"...Dans un cas que j'ai observé, la malade tient d'une main sa robe serrée contre son corps (en tant que femme) tandis que de l'autre main, elle s'efforce de l'arracher (en tant qu'homme). Cette simultanéité contradictoire conditionne en grande partie ce qu'a d'incompréhensible une situation cependant si "plastiquement" figurée dans l'attaque et se prête donc parfaitement à la dissimulation du fantasme inconscient qui est à l'oeuvre."
J'ai mis en pratique ce cas si plastique que Freud a décrypté."
(MOSTA-HEIRT)



- 3 - YAZID OULAB
Algérie, 1958; vit à Marseille


LE SOUFFLE DU RECITANT COMME SIGNE 2003
vidéo, noir/blanc, sonore, 4'52" en boucle.
Prêt de l'artiste













"Ce film est né de la contemplation d'un fil d'encens qui s'élève dans l'espace. Le premier jet est celui de la ligne droite qui se tend dans le mystère de sa fragilité, pour ensuite se dissoudre en volutes. Comme une force mystérieuse qui combine les éléments, ce mouvement ascensionnel est guidé par l'intuition qui dirige les choses de la vie. Le cylindre lorsqu'il roule trace la ligne droite, la boule trace le mouvement aléatoire, le cône trace le cercle.
Ces trois formes élémentaires mises en action sont l'expression du verbe qui précède la forme et lui permet d'advenir.
De l'Occident j'ai hérité de la forme, de l'Orient j'ai hérité du verbe. Rien ne naît du hasard, le but ultime est d'arriver à l'unité qui à partir de ces trois formes élémentaires régit l'univers.
Le jeu de la fumée évoque là le geste à la craie blanche qu'effectue le mathématicien qui cherche le sens et la résolution de l'équation sur l'étendue noire du tableau.
La poésie en Orient revêt une importance primordiale car elle est le vecteur de l'oralité. Chez les mystiques soufis la compréhension du monde réel passe par la métaphore et la poésie. La troisième sourate du Coran telle qu'elle est récitée par les soufis est pour moi l'une des plus belles, elle rassemble le "halif", le "lem" et le "mim" qui sont la transcription de la ligne, la courbe et la sphère. C'est "la sourate dédiée à Marie" qui porte en elle le verbe et lui donne forme.
Le chant nous plonge dans une méditation profonde, la fumée quand à elle capture la vision et nous entraîne dans la contemplation de l'insaisissable." (Yazid Oulab)





- 4 - GIANFRANCO MINGOZZI
Molinella, 1932 - Rome, 2009


LA TARANTA 1962
(à l'origine) 35 mm, noir/blanc, 20 minutes
musique originale enregistrée par Diego Carpitella
photographie de Ugo Piccone
conseiller : Ernesto de Martino
commentaire de Salvadore Quasimodo
Kurumuny edizioni, 2009




A propos de "La taranta"

"Mingozzi se révèle et impressionne avec "La taranta", Grand Prix du Festival des Peuples de Florence en 1962. Ernesto de Martino, l'ethnologue italien récemment disparu, a étudié, dans "La terra del rimorso" et "Sud e magia" le phénomène du tarentulisme: la morsure de l'araignée mythique, en fait inoffensive, frappe de préférence des femmes privées des hommes, ses effets se guérissent par des visites à un sanctuaire des Pouilles et par une cure faite de danses (le rythme obsédant, monotone, déchainant qui donna par le passé naissance à la célèbre Tarantelle), de cris (encouragements du public, des amis, cris hystériques de la malade), de couleurs (les mouchoirs bariolés que le public jette à la malade en tenue blanche qui se contorsionne par terre avec des mouvements lascifs) : tout cela n'est rien d'autre qu'une manifestation d'un mal plus profond, du remords, du "passé méchant qui revient" et dont il faut se libérer. Hystérie certes mais dont les causes ne sont pas si éloignées de celles qui provoquent certaines névroses raffinées de la société moderne.
Mais l'enseignement de de Martino ... et le commentaire de Quasimodo passent au second plan face à la ronde folle de la caméra à l'intérieur et au-dessus du cercle formé par le public et la malade, ronde qui nous entraine dans des éclairs blancs aveuglants, nous introduit dans le rituel magique." (Goffredo Fofi, "Positif", n°76, Juin 1965)



- 5 - LES DERVICHES TOURNEURS c.1930
montage de fragments de films, noir/blanc, muet, 5 minutes en boucle
prêt du Dr. Gökalp KAMIL, directeur du centre de recherche "Rumi Institute" à l'Université Near Eastern University de Lefkosia (Nicosie-Nord) Chypre








L'ordre des Mevlevi (derviches tourneurs) à Chypre.

"Les Mevlevi apparaissent à Chypre quand l'armée ottomane conduite par Lala Mustapha Pacha investit l'île lors de la campagne de Chypre de 1570-1571. Ils disparaissent en 1956 quand l'Administration chypriote des fondations et donc la Maison des Mevlevi de Lefkosie (Nicosie) ont été fermées. Ensuite, en 1963, le "semahane" (le lieu de la cérémonie des derviches tourneurs) a été transformé en musée ethnographique et, en 1979, tous les batiments alentour ont été détruits.
En 2002, le semahane est devenu le musée des Mevlevi. L'Institut Rumi de l'Université du Proche-Orient, avec la collaboration du Ministère de l'éducation et de la culture et celle de la Direction des musées et des arts a entrepris une série d'actions en vue d'informer sur ce riche héritage les générations futures.
En outre, la Maison des Mevlevi de Lefkosie (Nicosie) a été réouverte, jouant à nouveau son rôle dans la société chypriote turque. Des cheiks y sont appointés comme dans d'autres maisons et mosquées où le rituel mevlevi se pratique. La Maison des Mevlevi de Lefkosie (Nicosie) renoue ainsi avec un passé prestigieux : c'était en effet le lieu auquel étaient affiliés les plus grands personnages de l'Etat à l'époque ottomane." ("On the traces of Mawlânâ Jalâl Al-Dîn Rûmi in the world", symposium international, Selçuk üniversitesi, Décembre 2007.)



Remerciements

Cette exposition a pu avoir lieu grâce à l'aide financière de la Région Languedoc-Roussillon, du Département de l'Aude, de la Mairie de Ventenac et de Jean-Hubert Moulignat;
et grâce aux artistes invités, à Alberto Fabio Ambrosio, Annick Bouleau, Jocelyne Ruiz, Maya Sachweh, au Dr Gökalp Kamil et au MACVAL/ musée d'art contemporain du Val de Marne.