DES COUPLES



Une exposition de cinéma et de vidéo



Du 7 Juillet au 8 Septembre 2013
Tous les jours sauf Lundi
De 15 heures à 19 heures
Entrée : 3 euros

Vernissage Samedi 6 Juillet à partir de 18 heures



From July 7th to September 8th 2013
Every day except Monday
From 3:pm to 7:pm
Entrance fee : 3 euros



5 route de Saint-Nazaire,
11120 Ventenac en Minervois
http://www.images.ventenac.net

contact@ventenac.net




Cette exposition bénéficie du soutien de la Région Languedoc-Roussillon, du Conseil Général de l'Aude et de la Mairie de Ventenac en Minervois.















copyright M. Beutner

Cet été, l'exposition de vidéos contemporaines est consacrée au thème du couple. Elle présente des oeuvres d'artistes à la renommée internationale, comme Marina Abramovic / Ulay ou le libanais Akram Zaatari et permet de découvrir de jeunes artistes talentueux.

Pour cette occasion, le Musée d'art contemporain (MAC) de Lyon a prêté quatre vidéos "historiques" de Marina ABRAMOVIC / ULAY : "Relation in time", "Relation in space", "Rest energy", "Light / dark"
De Akram Zaatari "Red chewing-gum", une "lettre vidéo" d'une grande force poétique, évoque un amour perdu dans le Beyrouth de la guerre civile. Akram Zaatari représente le Liban à la Biennale de Venise 2013.
AltinaÏ PETROVITCH NJEGOSH, jeune artiste franco-monténégrine, a réalisé un court métrage, "L'art de la fugue", produit par Le Fresnoy (Centre international des arts contemporains), une variation sur la musique de Bach et sur le parcours de deux corps qui se cherchent et s'évitent.
Enfin, le jeune artiste égyptien Ahmed Sabry, avec la vidéo "By the river" fait se télescoper de manière radicale deux modes de vivre le couple dans l'Egypte contemporaine en intervenant directement sur la pellicule d'un film de Youssef Chahine.





M.Abramovic/Ulay, "Rest energy", 1980



" DES COUPLES


- Se trouver...

La conscience de ma propre insuffisance fait naître la volonté d'entrecroiser mon existence avec un être qui n'est pas moi (Martin Buber). Cette mise en mouvement est décrite avec beaucoup de cohérence dans le film d'AltinaÏ Pétrovitch Njegosh : un homme et une femme s'attirent, se croisent et se fuient dans un univers de gares et d'aiguillages traversé de fragments de "L'art de la fugue" de J.S. Bach. Moments de suspension qui étirent l'instant crucial du choix et de la décision.

- Durer...

Marina Abramovic et Ulay exposent leur couple. Avec une intense radicalité, ils posent la question de sa durée avec, en filigrane, la question de la mort et de l'usure. A la dimension érotique s'ajoute classiquement la dimension agressive. Leurs performances sont des expériences qui leur permettent de manier de "petites doses de haine", "vaccination" qui pérennise la possibilité de "faire couple" (J. G. Lemaire). Ils se donnent des giffles, s'accrochent par les cheveux, se précipitent l'un vers l'autre en se cognant, bandent un arc dont la flèche vise le coeur de Marina...
Le mode de fonctionnement du couple n'est pas indépendant de la structure sociale, du cours de l'histoire dans ses rapports de possesssion et de hiérarchie. Le jeune artiste égyptien Ahmed Sabry ose un geste d'une brûlante actualité : sur un fragment du film de Youssef Chahine, "Le choix", datant de 1969, il intervient en affublant le corps de la femme d'un tchador d'encre.

- Se perdre?...

"Red chewing gum" de Akram Zaatari est une "lettre-vidéo" d'une merveilleuse richesse poétique. C'est un appel à l'amour perdu qui mobilise la force des images, le pouvoir des chansons orientales, le goût du sucre qui disparaît. Le jeune vendeur de chewing gum est le messager de la mort ("Il n'y a plus de sucre"...) dans un univers recréé de sensualité et de nostalgie.
Ainsi la relation binaire du couple s'ouvre dans l'oeuvre, elle laisse la place à une plus grande complèxité, prête à accueillir d'autres possibles."

F.M.


"COUPLES

Finding each other...

The conscience of our own inadequacies arouses the will to intertwine our life with a person who is not our self (Martin Buber). This setting off is described with much coherence in Altinaï Petrovitch’s film. A man and a woman attract, pass and avoid each other in a world of railroad stations and switches, to snatches of the Art of Fugue by J.S. Bach. Times of suspension that stretch the crucial moment of choice and decision.

Lasting...

Marina Abramovic and Ulay present their couple’s relationship. With an intense radicalism, they raise the issue of its duration with, as a watermark, its wearing down and dying. The aggressive dimension classically adds further to the erotic dimension. Their performances are experiments that allow them to handle “touches of hate”, a “vaccination” that perpetuates the possibility of “making a couple” (J.G. Lemaire). They slap each other on the face; they cling to each other’s hair, rush to each other and bump, and bend a bow whose arrow aims at Marina’s heart…
The couple’s mode of functioning is not independent from social structures and the course of history with its hierarchic and possession relationships. Ahmed Sabry, a young Egyptian artist, dares a highly topical gesture: on a fragment of Youssef Chahine’s film “The Choice”, dating back to 1969, he intervenes by decking out the woman’s body in an inky black chador.

Loosing each other?...

“Red chewing gum” by Akram Zaatari, is a “video letter” with a wonderful poetic richness. It is a call to the lost love that mobilizes the strength of pictures, the power of Oriental songs, the vanishing taste of sugar. The young chewing-gum seller is the bearer of death (“There is no more sugar”) in a re-created world of sensuality and nostalgia.
So the couple’s binary relationship is opening up in the work; it gives way to a greater complexity, ready to receive other possibilities."

F.M.



- 1 - Marina ABRAMOVIC/ ULAY

En douze années de vie et de travail communs, Marina Abramovic et Ulay (F. Uwe Laysiepen) ont exploré, questionné les relations à l'intérieur de leur couple, "à la recherche d'une clé, d'une façon de pénétrer dans le corps, d'ouvrir quelque chose..." Soixante huit performances, dans des galeries ou des espaces publics ont constitué un corpus unique, les "Relation Works", qui est un véritable manisfeste du "couple fait art".
La première performance des deux artistes, "Relation in space" a été donnée en Juillet 1976 à la Biennale de Venise. Pendant près d'une heure, Marina et Ulay, nus, courent l'un vers l'autre et s'effleurent tout d'abord, puis, de manière de plus en plus rapide et avec une intensité croissante, s'entrechoquent. "Relation in space" fixe les paramètres des "Relation work" : pas de lieu fixe, contact direct, prise de risque, mouvement permanent, pas de répétition ni de reprise. (cité par Stéphane Roussel)







"Relation in time" fait appel à la notion de durée. Marina et Ulay se tiennent dos à dos, les cheveux accrochés l'un à l'autre par un noeud. Au bout de seize heures passées assis sans mouvement, le public est invité à rentrer dans l'intimité de la pièce et à assister au reste de la performance qui dure encore une heure.







La plupart des performances de M. Abramovic / Ulay sont muettes. La théatralité et le rituel font des corps les pôles symétriques de l'action répétitive, comme dans "Light / dark" où ils se donnent des gifles de plus en plus fort et de plus en plus rapidement...







Enfin "Rest energy" met en scène ce qui est potentiellement la mort du couple. Debouts face à face, Abramovic tend un grand arc tandis qu'Ulay vise son coeur avec la flèche. Ils sont immobiles, tous deux penchés en arrière, pendant plusieurs minutes. Un micro amplifie le son de leurs battements de coeur, lesquels deviennent de plus en plus rapides à mesure que la tension augmente. Ainsi se révèle l'énergie cachée dans l'immobilité imperturbable de leurs corps.(Samantha Barroero)

Les performances réalisées entre 1976 et 1988 ont été codifiées par les deux artistes en 1995 et prennent la forme de vidéo projections ou d'installations. Il s'agit d'une coproduction de Marina Abramovic / Ulay, du Stedelijk Van Abbe museum de Eindhoven et du MAC de Lyon. L'ensemble a été acquis par le MAC Lyon en 1997.
Les quatre vidéos présentées ici sont des prêts du MAC de Lyon.


- 2 - Altinaï PETROVITCH NJEGOSH

Née en France en 1977, Altinaï Petrovitch Njegosh appartient à une famille dont l'histoire est intimement liée à celle du Monténégro. Musicienne et plasticienne, elle a réalisé plusieurs courts métrages dont "L'art de la fugue". Tourné en 2005 en Belgique et produit avec l'aide du Fresnoy, ce film établit un rapport étroit avec l'oeuvre de J.S. Bach. Les plans s'enchaînent et se répondent comme les contrepoints de phrases musicales. Ainsi la musique et le cinéma sont l'expression métaphorique des relations qui se nouent sous nos yeux entre un homme et une femme, relation d'attirance et de peur qui fait que quand l'un s'approche l'autre se retire. Jeu muet de marivaudage tragi-comique qui s'étire sans fin et retarde continuellement l'instant décisif de la rencontre et le risque du rejet. Avancée et recul qui signalent l'importance du moment où deux individus acceptent de faire un couple.

Voir le texte de Marie Bardet, dans la rubrique "Textes et liens amis", en contrepoint du film d'Altinaï Pétrovitch Njegosh.

"L'art de la fugue", 2005, tourné en super 16mm, couleur, sonore, 15' en boucle.
Prêt de l'artiste.










- 3 - Ahmed SABRY

Ahmed Sabry, né en 1982 à Al Minya, en Egypte, est peintre et vidéaste. Sa vidéo "By the river"(2009) évoque le cours du temps qui transforme les rapports entre les hommes et les femmes. Il est intervenu de manière provocante sur le film de Youssef Chahine "Le choix". Une scène de ce film, tourné dans les années soixante, montre une femme en déshabillé qui se traîne aux pieds d'un homme, dans une chambre. En affublant les protagonistes d'attributs qui les désignent comme islamistes radicaux (barbe, tchador d'encre) il dresse le portrait d'une société écartelée entre des aspirations et des cultures opposées.

"By the river", 2008, noir et blanc, muet, 3' en boucle.
Prêt de l'artiste.











- 4 - Akram ZAATARI

Réalisateur, photographe, co-fondateur de la Fondation Arabe de l'Image, Akram Zaatari vit au Liban où il développe une oeuvre remarquable, basée sur la collecte, l'étude et l'archivage des photographies produites dans le monde arabe. "Red chewing-gum"(2001) est une oeuvre plus personnelle, où l'artiste se met en scène, guettant les traces du temps qui passe, tentant de retenir, à travers les images tournées par son ami perdu, les couleurs, le goût, les sons du Beyrouth de sa jeunesse.

"Red chewing-gum", 2001, couleur, sonore, 11' en boucle.
Courtesy "L'heure exquise".









L'association "La pépinière à Ventenac" fait partie du réseau
www.artcontemporain-languedocroussillon.fr