LA PEAU

Une exposition de cinéma et de vidéo

DU 17 Juillet au 16 Septembre 2020

Tous les jours sauf Lundi de 15 à 19 heures

contact@ventenac.net
06 17 34 37 30












IMAGE/VENTENAC présente :

Barbed Hula de Sigalit LANDAU
The kiss of Narcisse de Michèle MAGEMA
Good boy, bad boy de Bruce NAUMAN
What a pity you're an architect, monsieur. You'd make a sensational partner (d'après Joséphine Baker) de Lili REYNAUD DEWAR
Un extrait de Babes on Broadway de Busby BERKELEY

La peau a, entre autres fonctions, celle d'affirmer la particularité de chaque être humain. Son grain,
sa couleur, sa texture , son odeur servirent à définir une hiérarchie des individus fondée, dans le
monde occidental, sur l'histoire esclavagiste et coloniale : un racisme. Alors "Le noir est enfermé
dans sa noirceur et le blanc dans sa blancheur" et il faudra trouver les moyens de sortir de
"cette prison identitaire" (Franz Fanon, "Peau noire, masque blanc").






















Busby Berkeley, Babes on Broadway, 1941.
Extrait de film, N/B, sonore, 2'34", en boucle.

Dans Babes on Broadway , film musical de Busby Berkeley (1941) avec Mickey Rooney et
Judy Garland, les « black faces », grotesques maquillages de blancs en noir, amusent les spectateurs
(blancs). Ils interprètent une chanson américaine très populaire : Waiting for the Robert E. Lee,
Le Robert Lee étant un bateau à aubes sur le Mississippi portant le nom du célèbre général sudiste défenseur de l'esclavage.
Le 12 Aout 2017, à Charlottesville (Virginie), un militant suprémaciste blanc a tué une femme lors des
manifestations pour et contre le démontage d'une statue du général Lee dans un parc de la ville.






















Michèle Magema, The kiss of Narcisse, 2010, prêt de l'artiste.
vidéo N/B, sonore, 2' 28", en boucle.

Michèle Magema, artiste née à Kinshasa (RDC), se filme dans The kiss of Narcisse vêtue d'une robe blanche,
le visage partiellement peint en blanc, embrassant le moulage de plâtre blanc de son propre visage.
Un moment poétique et mystérieux qui abolit la fatalité de la ségrégation par la couleur.












Bruce Nauman, Good boy, bad boy, 1985, 2 vidéos couleur, sonore,
60' et 52', en boucle, prêt du Frac Grand Large, Hauts de France.

Dans Good Boy, Bad Boy , Bruce Nauman fait répéter une centaine de phrases à deux acteurs présentés
côte à côte sur deux moniteurs. L’un est un homme noir à la chemise blanche, l’autre une femme blanche
vêtue d’une robe verte. Le jeu de l’homme noir juxtaposé à celui de la femme blanche fait écho à des
questions de différences de sexes et de races. L’exercice formel (les mêmes phrases sont répétées sur
des tons différents et changent alors de sens) se double d’une réflexion sur les questions identitaires.




















Sigalit Landau, Barbed Hula, 2001, vidéo couleur, sonore,
1' 52",en boucle, prêt du Frac Lorraine.



Dans Barbed Hula Sigalit Landau pratique nue du hula hoop avec un cerceau en fil de fer barbelé sur
une plage israélienne. Cette image forte renvoie à l'idée de frontière, de limite (les barbelés) :
la violence dégradante de la démarcation culturelle et raciale laisse des marques à vif sur la peau de l'artiste.















Lili Reynaud Dewar, What a Pity You're an Architect, Monsieur.
You'd Make a Sensational Partner (after Josephine Baker) ,
2011,
vidéo, N/B, muet, 3' 50", en boucle, prêt du Frac des Pays de Loire.



Lili Reynaud Dewar recouvre entièrement son corps nu de peinture noire et danse au milieu de ses sculptures
en hommage à Josephine Baker : elle évoque sa rencontre, sur un transatlantique, avec Le Corbusier qui s'était
déguisé pour la séduire en danseur de Revue Nègre.
Elle convoque à son tour l'histoire des « black faces », de l'icône noire de la lutte contre la ségrégation
raciale et une réflexion sur la présence exclusive des blancs dans les espaces prestigieux de la culture.