A BOUT DE SOUFFLE / OUT OF BREATH







UNE EXPOSITION DE VIDEOS D'ARTISTES CHOISIES DANS LA COLLECTION DU FONDS REGIONAL D'ART CONTEMPORAIN DU LANGUEDOC-ROUSSILLON POUR CELEBRER LES TRENTE ANS DE SA CREATION.


An exhibition of artists'videos selected from among the collection of the Regional Fund for Contemporary Art of Languedoc-Roussillon, to celebrate its thirtieth anniversary



DU DIMANCHE 1er JUILLET AU DIMANCHE 2 SEPTEMBRE
OUVERT TOUS LES JOURS SAUF LUNDI DE 15 H. A 19 H.
ENTREE : 3 EUROS
VERNISSAGE LE SAMEDI 3O JUIN A PARTIR DE 18 H.


From Sunday July 1st to Sunday September 2nd
Open every day except Monday from 3:00 pm to 7:00 pm
Entrance fee : 3 euros
Preview Saturday June 30th from 6:00 pm




5 route de Saint-Nazaire
11120, Ventenac en Minervois
04 68 43 53 52

contact@ventenac.net




A l'occasion des trente ans du FRAC LR, nous avons exploré, à l'invitation de son directeur Emmanuel Latreille, sa collection de vidéos et films d'artiste, remarquable par sa qualité et sa diversité. Peu à peu s'est construit un projet d'exposition où chaque vidéo, irréductible en soi, participe aussi à un propos qui la relie aux autres : "A bout de souffle".


On the Frac LR's 30th anniversary, we have explored, at the invitation of its director Emmanuel Latreille, its artists'videos and films collection, remarkable for its quality and diversity. Bit by bit, an exhibition project was put together, in which each video, although irreductible, also participates in a discourse that links it to the others : "Out of breath".







www.fraclr.org





Patrick JOLLEY, Reynold REYNOLDS--- " Drowning Room "


Hamid MAGHRAOUI " Claire Chazal, 14 Juillet 2000 "
---------------------- " PPDA, 10 Février 2000 "
---------------------- " Offset 5, offset 6, offset 7 "


Fiorenza MENINI--- " Untitled (11 Septembre 2001) "
--------------------- " Résistance au Rohypnol "


Guillaume PARIS--- " Histoire naturelle "


Pipilotti RIST-------- " I'm not the girl who misses much "


Uri TZAIG---------- " Infinity "





Exposition bénéficiant du soutien de la DRAC Languedoc-Roussillon, du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, du Conseil Général de l'Aude et de la commune de Ventenac en Minervois.











www.laregion-culture.fr



















- 1 - A BOUT DE SOUFFLE.

Que se passe-t-il lorsque le souffle humain ne s'articule plus au souffle du monde? Uri TZAIG d'une part, Patrick JOLLEY et Reynold REYNOLDS d'autre part ont expérimenté dans des univers décalés de nouveaux rapports des corps à l'espace et au temps.
La partie de ballon filmée par TZAIG ("Infinity") est colorée et lumineuse comme un sport mais on s'aperçoit vite que l'aire de jeu se dilate et se contracte, que le mouvement des corps s'emballe ou ralentit selon le rythme d'un mécanisme perpétuel. Chacun est pris dans une dynamique harmonieuse dont il semble impossible de sortir : vont-ils jouer jusqu'à l'asphyxie?, à l'infini?
Dans la "Drowning room" (la salle de la noyade) de JOLLEY/REYNOLDS on est prisonnier aussi. Comme dans un cauchemar l'eau sombre alourdit chaque mouvement, assourdit chaque son dans le petit appartement familier. Le temps n'est plus un flux mais un envasement.
Ici s'inventent des utopies où on ne peut pas reprendre son souffle, où donc l'esprit s'absente, laissant le corps tourner à vide, sans issue.


- 2 - Un REEL A COUPER LE SOUFFLE.


A propos d'"Untitled" Fiorenza MENINI décrit ce qu'elle a vécu le 11 Septembre 2001. "J'étais arrivée la veille à New-York par un vol intérieur. Je n'avais aucune idée des événements. J'étais là dehors le matin où les tours fumaient. J'ai allumé la caméra pour me protéger peut-être de ce que je voyais. Quand j'ai voulu appuyer sur 'start' la première tour tombait...Quand le nuage de fumée est arrivé les quelques personnes autour de moi se sont enfuies et je suis restée seule dans le silence et le brouillard...un temps infini." Ce que la caméra a capté c'est l'engloutissement du monde dans le brouillard blanc, vide et silencieux. L'artiste au milieu, en apnée, et nous devant l'image, aveuglés.
Elisabeth Wettervald définit l'enjeu de cette "expérience du réel": "Le présent apparaît dans sa vigueur immédiate, dans l'effroi de son unicité, dans son impossibe réitération...D'où l'inquiétude et le malaise pour le spectateur qui a l'habitude de se préserver derrière l'écran de la médiatisation, garant du décalage et de la dérobade par rapport à la crudité du réel."
Les écrans de TV qui font face au "sensible à l'état brut" de "Untitled" parlent d'indifférence et d'impuissance. Dans la série des "Respirations" d'Hamid MAGHRAOUI ("Claire Chazal", "PPDA" et "Offset 5, 6, 7")le temps et l'espace sont suspendus entre les reprises de souffle des présentateurs de télévision. La vitesse du montage et le flux des données conduisent à une sensation d'asphyxie. Perturbé dans ses codes, le système des conditionnements visuels s'écroule sous nos yeux.


- 3 - DES IMAGES ASPHYXIANTES.


Avec "Résistance au Rohypnol", F. MENINI pousse à la limite la durée de l'image et la possibilité du regard. Homme-image (gogo dancer et acteur porno) Olivier Rambeau lutte terriblement contre le sommeil qui l'envahit, il résiste pendant plus d'une heure, se raccrochant à lui-même, jusqu'à la chute. Il s'enferme ainsi dans un espace non relationnel dont nous sommes exclus.
Au-dessous de lui, la manière de clip de Pipilotti RIST ("I'm not the girl who misses much") et l'"Histoire naturelle" de Guillaume PARIS explorent les ressources mythologiques des images modernes. Le lézard endormi n'est animé que par le souffle imperceptible de sa respiration. Il devient une image-fétiche hypnotisante tandis que le corps haletant de Rist, passé à la moulinette d'un montage frénétique, s'agite de manière paroxystique.
Ces images saturées de sens, de son et de silence surenchérissent de manière critique jusqu'à l'épuisement de notre regard. Une moderne Apocalypse?

F.M.







- 1 - OUT OF BREATH


What happens when human breath is no more articulated with the world's breath? Uri TZAIG, on the one hand, and Patrick JOLLEY and Reynold REYNOLDS on the other hand, have experimented in off-beat universes, new connections between body, space and time.
The ball game filmed by TZAIG ("Infinity") is colorful and bright like a sport but we soon realize that the playground expands and contracts, that the bodies' movements race or slow down with the pace of a never-ending mechanism. Everyone is caught in harmonious dynamics from which it seems impossible to get out : are they going to play until suffocation? Endlessly?
In the "Drowning Room" of JOLLEY/REYNOLDS, we are prisoners too. Like in a nightmare, the dark water makes each movement heavy, muffles each sound in the tiny, familiar apartment. Time is no more a flow but a silting up.
Here utopia are dreamed up, where one cannot take one's breath back, where the spirit is gone, leaving the body running in neutral, without any way out.


- 2 - A REALITY THAT TAKES ONE'S BREATH AWAY


About "Untitled" Fiorenza MENINI describes what she experienced on September 11, 2001. "I had, arrived the day before in New York by domestic flight. I had no idea about the events. I was there, outside, the morning the towers smoked. I turned on the camera maybe to protect myself from what I was watching at. When I wanted to push the "start" button the first tower was collapsing...When the smoke cloud arrived the few people around me run away and I stayed alone in silence and smog...a never-ending time". What the camera captured is the engulfing of the world in the white, empty and silent fog. The artist in the middle, holding her breath, and us in front of the picture, blinded.
Elisabeth Wettervald defines what is at stake in this "experience of the real" : the present appears in its instant vigor, in the terror of its uniqueness, in its impossible reiteration...hence anxiety and uneasiness for the viewer who is used to preserve himself behind the mediatization's screen, that guarantor of distance and evasion from the real's bluntness.
The TV screens that are facing the "rough and ready sensitive" of "Untitled" speak about indifference and powerlessness. In the "Breathings" series of Hamid MAGHRAOUI ("Claire Chazal", "PPDA" and"Offset 5, 6, 7") time and space are suspended between the breath catches of the television newscasters. The speed of the final cut and the data flow lead to a feeling of suffocation. Disrupted in its codes, the system of visual indoctrination collapses before our eyes.


- 3 - SUFFOCATING PICTURES


With "Resistance to Rohypnol", F. MENINI brings to its limits the picture duration and the watching potential. Man-image (go-go dancer and porn actor) Olivier Rambeau is awfully fighting against the sleep creeping over him, he resists during more than one hour, clinging to himself, till the fall. In this way, he shuts himself up in a non relational space from which we are excluded.
Below him, the kind of video clip by Pipilotti RIST ("I'm not the girl who misses much") and "Natural history" by Guillaume PARIS explore the mythological ressources of modern pictures. The sleeping lizard is only animated by the faint blow of his breathing. He becomes a mesmerizing fetish picture whereas RIST's panting body, put through the vegetal mill of a frantic final cut, tosses and turns in an extreme way. These pictures saturated with sense, sound and silence, outbid each other in critical manner, till exhaustion of our eyes. A modern Apocalypse?

FM



- 1 - Patrick JOLLEY (1964, Irlande) et Reynold REYNOLDS (1966, USA)


"Drowning room"
2000, Vidéo réalisée à partir de rushs Super 8 transférés, découpés et numérisés.
10 minutes, en boucle, noir et blanc, sonore.
collection du FracLR.













Dans un appartement sans âge, des personnages anonymes se livrent à des activités triviales : deux hommes se battent, un couple est au lit, une femme prépare un repas. Mais tous évoluent dans un milieu où l'eau a remplacé l'air. Ils ne peuvent respirer, ni parler, ils ont les gestes ralentis et le regard halluciné des mauvais rêves.

"...Etrangement familier, étrangement menaçant, le film ressemble à ces cauchemars d'autant plus menaçants qu'ils ne sont pas reconnus comme tels par le rêveur. Revenant nuit après nuit sans qu'on s'en souvienne le matin, ils créent en profondeur une utopie négative qui finit par faire partie de la réalité. Vouloir se libérer de cela voudrait dire émerger en brisant la surface liquide par en dessous, en laissant s'écouler l'eau immobile." (Friedrich Tietjen)




- 2 - Hamid MAGHRAOUI (1973, Nîmes)


"Claire Chazal, 14 Juillet 2000"
2000, vidéo, 1 minute 15, en boucle, couleur, sonore.
collection du FracLR.
"PPDA, 10 Février 2000"
2000, vidéo, 22 minutes, en boucle, couleur, sonore.
collection du FracLR.
"Offset 5, Offset 6, Offset 7"
2003, vidéo, 3 minutes 50, en boucle, couleur, sonore.
collection du FracLR.













"Hamid Maghraoui, comme bon nombre d'artistes de sa génération, a recours à des formes déjà produites pour construire son oeuvre et l'inscrire dans le réseau des signes et des significations de la société contemporaine. Son travail s'infiltre au coeur de l'univers familier des médias. En manipulant les données des journaux télévisés, l'artiste questionne les conditionnements visuels inhérents à la consommation de masse. Si l'art cherche un lien avec le monde réel, la stratégie consiste chez lui à résister à l'implosion du sens dans les médias en annihilant le bavardage idéologique qui le sous-tend. De manière méthodique, Hamid Maghraoui enregistre les JT de Claire Chazal ou PPDA pour ne garder au final que les inspirations, les prises d'air nécessaires aux présentateurs de l'émission et des reportages. L'information disparaît du montage qui se focalise exclusivement sur une ou des figures, haletantes(...)
Dans Claire Chazal ou PPDA, Maghraoui choisit de ne conserver que les 'reprises de souffle' (inspirations) des présentateurs de journaux ainsi que des différentes personnes qui en font l'objet et qui parlent : (...) c'est moins l'information comme telle qui est supprimée que n'est privilégié le moment (infra-mince) où les corps reprennent énergie, élan et se 'regonflent'. Pour le spectateur, l'effet est celui d'un sentiment paradoxal d'étouffement par excès de prise d'air." (Emmanuel Latreille)




- 3 - Fiorenza MENINI (1970, Montpellier)


"Résistance au Rohypnol"
1999, vidéo, 80 minutes, en boucle, couleur, sonore.
collection du FracLR.
"Untitled"
2001, vidéo, 28 minutes 38, en boucle, couleur, muet.
collection du FracLR.
















"Il serait extrêmement difficile, voire impossible, d'embrasser d'un seul regard l'étendue du travail de Fiorenza Menini : photographies, films expérimentaux, performances et vidéos sont autant d'éléments, d'indices de son perpétuel questionnement sur la société des images et son mode de fonctionnement. Ainsi, l'enjeu de sa démarche consiste à mettre au jour les mécanismes de production des images, imposées au public et assimilées par lui sans aucune restriction, au point d'aliéner sa perception de la réalité. Il s'agit pour l'artiste de repérer les failles de cette dialectique et de les explorer afin d'en révéler les paradoxes. C'est pourquoi ce travail de réflexion éminemment conceptuel s'exprime à travers des images très concrètes de la réalité, afin de remettre en cause le bagage fictionnel que nous avons chacun en nous et qui tend à remplacer l'acquis réel. Partant de ce constat, elle a développé dans une série de vidéos intitulées "Résistances", la notion d'expérience par opposition à celle de fiction. Ainsi dans "Résistance au Rohypnol", on peut voir pendant une heure et demi un homme, acteur de film porno et gogo dancer la nuit, subir les effets d'un puissant sédatif . Il s'agit pour l'artiste (...) de mettre le sujet filmé à l'épreuve du temps afin de suivre les réactions conscientes ou non de ce corps soudain placé en situation de danger.
(...)Cette notion de temps est essentielle dans le travail de Fiorenza Menini : l'attente n'a d'autre objet que sa propre existence et devient visible parce qu'elle s'impose comme une expérience physique qui se prolonge dans le temps. On retrouve cette idée dans la vidéo "Untitled" au cours de laquelle l'artiste a filmé en temps réel le moment séparant l'effondrement des deux tours du World Trade Center, replaçant ainsi dans un continuum temporel deux événements que les médias ont fini par confondre en un seul.
Temps étiré, temps de l'attente, temps suspendu, Fiorenza Menini développe à travers ces différentes notions des images muettes et 'improductives' qui regardent le spectateur autant que celui-ci les regarde, et qui viennent interpeller sa manière de ressentir les choses." (Arnaud Vésinet)




- 4 - Guillaume PARIS (1966, Abidjan)


"Histoire naturelle"
1995, vidéo, 30 minutes, en boucle, couleur, muet.
collection du FracLR.







"Entre cynisme et utopie, le travail de Guillaume Paris joue sur l'effet de fascination de la culture populaire pour critiquer et simultanément faire l'apologie du spectacle. La société de consommation est perçue à travers ses 'espaces de sublimation'. La vidéo "Histoire Naturelle" montre la séquence en boucle d'un gros lézard qui dort, rêve et bouge légèrement. Pendant une heure la même scène passe et repasse jusqu'à l'épuisement du spectateur ou que se produise un effet cathartique, hypnotisant.
De la surenchère d'images proposées quotidiennement, Guillaume Paris isole celles énigmatiques ou plaisantes des contes de fées, des fables, des dessins animés, ou de la mythologie. Il choisit de restituer et de détourner insidieusement la part de rêve que nous consommons en masse (...) En explorant différentes temporalités, en retirant la narration et en insistant sur la répétition, il crée une sorte de dépression, d'hyperfétichisation de l'image." (Céline Mélissent)




- 5 - Pipilotti RIST (1962, Grab, Suisse)


"I'm not the Girl who Misses Much"
1986, vidéo, 5 minutes, en boucle, couleur, sonore.
collection du FracLR.








"Bien souvent sous forme de clip, les vidéos de Pipilotti Rist témoignent à la fois d'une démarche ironique, critique, et d'un jeu d'attitude. Dans "I'm not the girl who misses much" le corps de l'artiste est comme pris en otage par l'image(...) Les clichés défilent en accéléré et brouillent l'écran; le travail du son ajoute encore à la frénésie et à l'hystérie ambiantes. Le principe du clip est détourné, l'image déconstruite pour déverser les excès d'une vie intérieure qui ne se contient plus(...)
En saturant les couleurs, en brouillant les bandes, en distordant et travaillant avec toutes sortes d'effets, Pipilotti Rist critique les codes visuels pour apporter un autre rythme, une poésie plus proche de sa réalité et d'une réelle expérience. Derrière l'ironie par rapport aux images diffusées par les médias, la satire de l'érotisme des clips, souvent sexiste, et l'étonnante sensualité de ce travail, il est question de culture féminine, populaire et sensible. Pour Pipilotti, l'écran est aussi une machine à rêve, une boîte magique où chacun peut s'abandonner au délire luxuriant de l'esprit."(Céline Mélissent)




- 6 - Uri TZAIG (1965, Qiryat Gat, Israël)


"Infinity"
1998, vidéo, 30 minutes, en boucle, couleur, sonore.
collection FracLR.















"Depuis 1996, Uri Tzaig présente des vidéos qui s'appuient souvent sur le thème du sport. L'artiste israélien touche à ce sujet populaire parce qu'il permet de manière exemplaire d'expérimenter le rapport des corps à l'espace et au temps, et de considérer différents principes de socialisation. Le sport comprend à la fois une dimension individuelle et collective, sociale et politique. Ce champ d'action ouvert, Uri Tzaig propose de décaler les normes, de redéfinir les règles pour laisser libre cours à la construction de nouveaux jeux."Infinity", une vidéo réalisée à Montpellier, met en scène deux équipes mixtes de danseurs habillés d'un même uniforme, jouant en circuit fermé, sans arbitre, selon la règle fondamentale de ne pas sortir le ballon du terrain, au prix de laisser volontairement l'équipe adverse prendre l'avantage. Ce travail insiste sur l'inscription du mouvement dans un temps réglé et incontournable, deux mi-temps de 10 minutes alors que le terrain est en perpétuelle évolution. L'espace s'organise paradoxalement comme le temps, qui se dilate et se contracte selon les moments(...) Cette sorte de machine perpétuelle, quasi-virtuelle où les conflits semblent apaisés par l'acceptation et le renoncement mesurés, suppose une remise en question des joueurs et de la philosophie habituelle des matchs..." (Céline Mélissent)