CLÔTURES ET FRONTIERES

15 JUILLET - 11 SEPTEMBRE 2016







Images/Ventenac
5 route de Saint-Nazaire, 11120 Ventenac-en-Minervois


ouvert tous les jours sauf Lundi, de 15 à 19 heures


contact@ventenac.net
0617343730


UNE EXPOSITION DE CINEMA ET DE VIDEOS

Avec des oeuvres de





- Bruno BOUDJELAL

- Hayoun KWON

- Louis LLECH et Louis ISAMBERT

- Adrian PACI

- Nira PEREG

- Till ROESKENS

Harragas Bruno BOUDJELAL






_________________________________________________
---------------------------------------------------------------------
+ LE 13 AOUT 2016, LECTURE : L'INONDATION
D'EMILE ZOLA PAR JEAN CLAUDE DREYFUS
accompagné
à la guitare par Nicolas EHRETSMANN.
Informations et réservation : Mairie de Ventenac en Minervois , 0468432366.




+ LE 10 SEPTEMBRE 2016 : La Soirée inaugurale de la saison #2
Horizon Parallèle produite par
La Galerie Chorégraphique de Carcassonne
avec le soutien de ses partenaires :












CENTAURE
musique électronique et art vidéo
de Franck Vigroux et Kurt d’Haeseleer










------------------------------------------------------------------
_______________________________________________




CLOTURES ET FRONTIERES



Prologue :
489 Years de Hayoun KWON nous transmet le témoignage d'un ancien soldat de la Corée du Sud. A la manière d'un conte il donne accès à la DMZ, la zone frontière démilitarisée entre les deux Corées. Apparait alors, en images de synthèse, la réalité d'un lieu qui n'est atteignable que par l'esprit. Doté d'un masque 3D et d'écouteurs le visiteur est plongé dans un univers fabuleux et terrible, généré par ces images factices.

- 1 - "Au début était la peau" écrit Régis Debray dans son Eloge des frontières : sans limite, nous n'existerions pas, la frontière sert à faire corps.
Et c'est le mur qui entoure la cité grecque qui définit la zone du politique : "Sans la loi-muraille, un domaine public ne peut pas davantage exister qu'un terrain sans palissade" (Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne).
L'ordre même de la ville repose sur le fantasme d'un mur stable : à la veille du Shabbath, les juifs ultra-orthodoxes de Jérusalem érigent une frontière artificielle en tirant des barrières au milieu des rues. Dans Shabbath 2008 de Nira PEREG, leurs gestes et leurs manoeuvres s'apparentent à un rituel et cette chorégraphie étrange fige progressivement l'espace, générant exclusion et inclusion : un univers social à vif.
En réponse aux stratégies d'appropriation israéliennes - mur et état d'urgence - les palestiniens rencontrés par Till ROESKENS dessinent les cartes de leur enfermement subi et de leur "résistance par contournement". Les vidéocartographies sont la réplique en paroles dessinées à l'intrusion violente des frontières de béton infranchissables.

- 2 - Mais la bonne frontière prend une dimension éthique indispensable dans l'histoire tragique du monde. Les centaines de milliers de réfugiés espagnols qui fuyaient la répression franquiste et les bombardements voyaient leur passage vers la France comme le moment de leur salut. Et les soldats vaincus devaient rendre leurs armes à la frontière : sans elle il ne peut y avoir ni asile ni hospitalité. Dans le film documentaire de L. LLECH et L. ISAMBERT, l'Exode d'un peuple, les panneaux signalétiques la matérialisant, leitmotiv du film, montrent l'importance de son rôle structurant l'espace et l'histoire.
La frontière a cette vertu de "charmer la route" (R. Debray) en mettant sous tension le moment de la traversée. Rite de passage ou embarquement pour Cythère, il y a un peu de tout cela dans l'oeuvre de Bruno BOUDJELAL, Harragas, mosaïque de petits films de téléphones portables réalisés par les jeunes algériens qui franchissent clandestinement la Méditerranée en Zodiac.

- 3 - Savent-ils qu'ils seront profondément changés dans leur être? Les frontières transforment ceux qui les franchissent, ils seront sculptés comme le bloc de marbre chinois qui, au fond de la cale d'un bateau-atelier en route pour l'Europe, devient une parfaite colonne corinthienne. The Column d'Adrian PACI est le récit fabuleux d'une métamorphose à la croisée de la logique capitaliste du profit (la production à "flux tendu") et d'une moderne odyssée transfrontalière.

F. M.


Prologue: Access to the two Koreas’ border, the Demilitarized Zone (DMZ), is denied to any man and there, nature has taken over his rights. In `489 Years’, Hayoun Kwon translates into computer graphics the reality of a place you can only reach by spirit...

"In the beginning was the skin" writes Régis Debray in his ‘In Praise of borders’: without limit, we would not exist, the border is used for taking shape. And it is the wall surrounding the Greek City that defines the area of politics: "Without the law-rempart, the public domain would no more exist than a field without a fence " (Hannah Arendt, The Human Condition). The law and order in the city rely on the fantasy of a steady wall: on Shabbat’s eve, the ultra-Orthodox Jews of Jerusalem set up an artificial border by pulling fences accross the streets. In Shabbat 2008, by Nira Pereg, their gestures and maneuvers are close to a ritual and this strange choreography gradually freezes the area, generating exclusion and inclusion: a bare social world.
In reply to Israeli appropriation strategies, the Wall, and the State of Emergency, the Palestinians met by Till Roeskens draw the maps of the confinement they are subject to and of their ’’resistance through bypassing’’.
The videomappings are the reply in drawn words to the violent intrusion of impassable concrete borders.

But the good border takes on an essential ethical dimension in the tragic human history. Hundreds of thousands of defeated and exhausted Spanish refugees fleeing Franco’s repression and bombings, considered crossing the French border as their time of salvation. Without borders, there can be no asylum nor hospitality, and in L. LLech and L. Isambert’ documentary film, A People’s exodus, the border signposts, leitmotives of the film, show their substancial structuring role in space and history.
The border has this virtue of "charming the road" (R. Debray) by stimulating the time of crossing. Rite of passage or Embarkation for Cythère, it is a little about all that in the work of Bruno Boudjelal, Harragas, a patchwork of small smart phone films made by young Algerians smuggled accross the Mediterranean in inflatable dinghies.
Do they know that they will be changed deep down in their hearts? Borders transform those who cross them, they will be sculpted just as the block of Chinese marble which, down in the hold of a workshop ship en route to Europe, becomes a perfect Corinthian column. The Column by Adrian Paci is the fabulous story of a metamorphosis, at the crossroads of the capitalism profit logic (just-in-time production) and a modern cross-border Odyssey.








Hayoun KWON (*1981, Séoul, vit en France) : 489 Years
(2015) prêt de l'artiste.
installation : chaise pivotante, casque VR et casque audio,
vidéo couleur à 360°, 11mn.










489 Years (489 ans : la durée de vie d'une mine anti-personnel)
retranscrit en images de synthèse le témoignage d'un
ancien soldat de la Corée du sud. A la manière d'un conte il nous
introduit dans la DMZ (zone démilitarisée entre les deux Corées) en
nous plongeant au coeur de ses souvenirs personnels. Grâce au dispositif
de visionnage par casque stéréoscopique en animation 3D, le spectateur
se trouve immergé dans ce lieu qui n'est atteignable que par l'esprit.







Nira PEREG (*1969, Israel) : Shabbath 2008 (2009-10),
vidéo couleur, son, 7min12, en boucle.Prêt de la Braverman Gallery, Tel Aviv.












"Nira Pereg travaille en s'immergeant dans des contextes à la fois
familiers et conflictuels (...) Elle porte son corps et son regard au
milieu de zones-frontières et son oeuvre filmée (constitue) une
approche patiente et sensible des noeuds sociaux" (N. Bourriaud)
en particulier des stratégies d'appropriation de lieux et de
territoires, à travers leurs manifestations poétiques ou tragiques.

www.nirapereg.net









Till ROESKENS (*1974, Freiburg, Allemagne, vit à Marseille) :

Vidéocartographies : AÏda, Palestine. 1 Vallée Ahmed par Mahmoud Issa,
2 Tombeau de Rachel par Claire et George Anastas, (2009), vidéo N/B, son,
extraits d'un ensemble de 6 chapitres, 46 min. Courtesy Revue Dérives.










"J'ai demandé aux habitants du camp Aïda à Bethléem d'esquisser
des cartes de ce qui les entoure. Les dessins en train de se faire ont
été enregistrés en vidéo, de même que les récits qui animent ces
géographies subjectives" Ainsi voit-on comment ces hommes et ces
femmes se battent pour leur liberté de mouvement, s'obstinent à
vouloir simplement vivre leur vie...









Louis LLECH (1902-1983, Perpignan)/ Louis ISAMBERT :
L'Exode d'un peuple
(1939),film muet, N/B, 29 min (extraits).
Prêt de l'Institut Jean Vigo, Perpignan.










Du 28 Janvier au 13 Février 1939, 475 000 personnes, civils et soldats, ont passé la
frontière française, en différents points : Cerbère, Le Perthus, Prats
de Mollo, Bourg-Madame...Il reste peu de documents filmés de la
Retirada;
Ici, parmi huit séquences définies par des cartons :
1 "Sur le versant espagnol", réfugiés regroupés en masse, plans
d'une grande foule.
2 "Sur la ligne frontière", passage en masse de familles et civils,
réquisition des armes, pistolets et fusils par camions entiers.
...
"Passage des brigades internationales", contrôle des familles et
soldats, passage de chars blindés...Départ sur la route avec les
réfugiés : plans fixes puis travelling depuis une voiture empruntant
le même chemin.
3 "Transfert vers les camps de concentration".




Bruno BOUDJELAL(*1961, Montreuil) : Harragas , (2012), montage mosaïque de neuf films réalisés avec des portables, couleur, son, 5 min. Courtesy Agence VU.





"Harraga est un mot arabe qui veut dire brûler. On désigne ainsi les jeunes qui partent, qui brûlent la route, pour essayer de rejoindre l'Europe... Le téléphone portable a un rôle très important lors de la traversée : il leur permet de connaitre leur position en mer et aussi de photographier et filmer leur périple. Ils gardent ainsi une trace de leurs aventures qu'ils pourront montrer ou bien envoyer à ceux qui sont restés au pays... C'est par hasard que j'ai appris l'existence de ces petits films qui circulaient au pays dans la famille ou parmi les amis de ceux qui sont partis "brûler la route". J'ai pu en récupérer quelques-uns. La pièce ici présentée a été faite avec ces films."







Adrian PACI (*1969, Albanie, vit en Italie) : The Column (2013)
vidéo HD, couleur, son, 25min40, Courtesy Kaufmann Repetto, Milan /
Galerie Peter Kilchmann, Zurich.










" On m'avait dit qu'en Chine il y a un beau marbre, de bons artisans
peu chers et rapides car ils travaillent pendant le transport du bloc de
marbre en bateau. J'ai trouvé cela extraordinaire, c'était si étrange,
à la fois malade et fabuleux, quelque chose de mythologique et en
même temps en rapport avec la logique capitaliste du profit qui fusionne
les temps de la production et du transport. Il y a dans cette entreprise
quelque chose de conflictuel et quelque chose de fabuleux, du réel et de
la fiction. C'est une structure narrative ou la chronique de faits réels se
mêle à la légende et au conte de fée. Bien sûr, un des éléments les plus
fascinants ici, c'est la création d'un modèle de colonne classique occidentale
par un groupe de travailleurs asiatiques pendant le voyage vers l'Europe.
Pour la colonne, c'est une sorte de retour au bercail."






Images/Ventenac bénéficie du soutien du Grand Narbonne, du
Département de l'Aude et de la Région Midi Pyrénée-Languedoc Roussillon.









CLÔTURES ET FRONTIERES

15 JUILLET - 11 SEPTEMBRE 2016







Images/Ventenac
5 route de Saint-Nazaire, 11120 Ventenac-en-Minervois


ouvert tous les jours sauf Lundi, de 15 à 19 heures


contact@ventenac.net
0617343730


UNE EXPOSITION DE CINEMA ET DE VIDEOS

Avec des oeuvres de





- Bruno BOUDJELAL

- Hayoun KWON

- Louis LLECH et Louis ISAMBERT

- Adrian PACI

- Nira PEREG

- Till ROESKENS

Harragas Bruno BOUDJELAL






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+ LE 13 AOUT 2016, LECTURE : L'INONDATION
D'EMILE ZOLA PAR JEAN CLAUDE DREYFUS
accompagné
à la guitare par Nicolas EHRETSMANN.
Informations et réservation : Mairie de Ventenac en Minervois , 0468432366.




+ LE 10 SEPTEMBRE 2016 : La Soirée inaugurale de la saison #2
Horizon Parallèle produite par
La Galerie Chorégraphique de Carcassonne
avec le soutien de ses partenaires :












CENTAURE
musique électronique et art vidéo
de Franck Vigroux et Kurt d’Haeseleer










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CLOTURES ET FRONTIERES



Prologue :
489 Years de Hayoun KWON nous transmet le témoignage d'un ancien soldat de la Corée du Sud. A la manière d'un conte il donne accès à la DMZ, la zone frontière démilitarisée entre les deux Corées. Apparait alors, en images de synthèse, la réalité d'un lieu qui n'est atteignable que par l'esprit. Doté d'un masque 3D et d'écouteurs le visiteur est plongé dans un univers fabuleux et terrible, généré par ces images factices.

- 1 - "Au début était la peau" écrit Régis Debray dans son Eloge des frontières : sans limite, nous n'existerions pas, la frontière sert à faire corps.
Et c'est le mur qui entoure la cité grecque qui définit la zone du politique : "Sans la loi-muraille, un domaine public ne peut pas davantage exister qu'un terrain sans palissade" (Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne).
L'ordre même de la ville repose sur le fantasme d'un mur stable : à la veille du Shabbath, les juifs ultra-orthodoxes de Jérusalem érigent une frontière artificielle en tirant des barrières au milieu des rues. Dans Shabbath 2008 de Nira PEREG, leurs gestes et leurs manoeuvres s'apparentent à un rituel et cette chorégraphie étrange fige progressivement l'espace, générant exclusion et inclusion : un univers social à vif.
En réponse aux stratégies d'appropriation israéliennes - mur et état d'urgence - les palestiniens rencontrés par Till ROESKENS dessinent les cartes de leur enfermement subi et de leur "résistance par contournement". Les vidéocartographies sont la réplique en paroles dessinées à l'intrusion violente des frontières de béton infranchissables.

- 2 - Mais la bonne frontière prend une dimension éthique indispensable dans l'histoire tragique du monde. Les centaines de milliers de réfugiés espagnols qui fuyaient la répression franquiste et les bombardements voyaient leur passage vers la France comme le moment de leur salut. Et les soldats vaincus devaient rendre leurs armes à la frontière : sans elle il ne peut y avoir ni asile ni hospitalité. Dans le film documentaire de L. LLECH et L. ISAMBERT, l'Exode d'un peuple, les panneaux signalétiques la matérialisant, leitmotiv du film, montrent l'importance de son rôle structurant l'espace et l'histoire.
La frontière a cette vertu de "charmer la route" (R. Debray) en mettant sous tension le moment de la traversée. Rite de passage ou embarquement pour Cythère, il y a un peu de tout cela dans l'oeuvre de Bruno BOUDJELAL, Harragas, mosaïque de petits films de téléphones portables réalisés par les jeunes algériens qui franchissent clandestinement la Méditerranée en Zodiac.

- 3 - Savent-ils qu'ils seront profondément changés dans leur être? Les frontières transforment ceux qui les franchissent, ils seront sculptés comme le bloc de marbre chinois qui, au fond de la cale d'un bateau-atelier en route pour l'Europe, devient une parfaite colonne corinthienne. The Column d'Adrian PACI est le récit fabuleux d'une métamorphose à la croisée de la logique capitaliste du profit (la production à "flux tendu") et d'une moderne odyssée transfrontalière.

F. M.


Prologue: Access to the two Koreas’ border, the Demilitarized Zone (DMZ), is denied to any man and there, nature has taken over his rights. In `489 Years’, Hayoun Kwon translates into computer graphics the reality of a place you can only reach by spirit...

"In the beginning was the skin" writes Régis Debray in his ‘In Praise of borders’: without limit, we would not exist, the border is used for taking shape. And it is the wall surrounding the Greek City that defines the area of politics: "Without the law-rempart, the public domain would no more exist than a field without a fence " (Hannah Arendt, The Human Condition). The law and order in the city rely on the fantasy of a steady wall: on Shabbat’s eve, the ultra-Orthodox Jews of Jerusalem set up an artificial border by pulling fences accross the streets. In Shabbat 2008, by Nira Pereg, their gestures and maneuvers are close to a ritual and this strange choreography gradually freezes the area, generating exclusion and inclusion: a bare social world.
In reply to Israeli appropriation strategies, the Wall, and the State of Emergency, the Palestinians met by Till Roeskens draw the maps of the confinement they are subject to and of their ’’resistance through bypassing’’.
The videomappings are the reply in drawn words to the violent intrusion of impassable concrete borders.

But the good border takes on an essential ethical dimension in the tragic human history. Hundreds of thousands of defeated and exhausted Spanish refugees fleeing Franco’s repression and bombings, considered crossing the French border as their time of salvation. Without borders, there can be no asylum nor hospitality, and in L. LLech and L. Isambert’ documentary film, A People’s exodus, the border signposts, leitmotives of the film, show their substancial structuring role in space and history.
The border has this virtue of "charming the road" (R. Debray) by stimulating the time of crossing. Rite of passage or Embarkation for Cythère, it is a little about all that in the work of Bruno Boudjelal, Harragas, a patchwork of small smart phone films made by young Algerians smuggled accross the Mediterranean in inflatable dinghies.
Do they know that they will be changed deep down in their hearts? Borders transform those who cross them, they will be sculpted just as the block of Chinese marble which, down in the hold of a workshop ship en route to Europe, becomes a perfect Corinthian column. The Column by Adrian Paci is the fabulous story of a metamorphosis, at the crossroads of the capitalism profit logic (just-in-time production) and a modern cross-border Odyssey.








Hayoun KWON (*1981, Séoul, vit en France) : 489 Years
(2015) prêt de l'artiste.
installation : chaise pivotante, casque VR et casque audio,
vidéo couleur à 360°, 11mn.










489 Years (489 ans : la durée de vie d'une mine anti-personnel)
retranscrit en images de synthèse le témoignage d'un
ancien soldat de la Corée du sud. A la manière d'un conte il nous
introduit dans la DMZ (zone démilitarisée entre les deux Corées) en
nous plongeant au coeur de ses souvenirs personnels. Grâce au dispositif
de visionnage par casque stéréoscopique en animation 3D, le spectateur
se trouve immergé dans ce lieu qui n'est atteignable que par l'esprit.







Nira PEREG (*1969, Israel) : Shabbath 2008 (2009-10),
vidéo couleur, son, 7min12, en boucle.Prêt de la Braverman Gallery, Tel Aviv.












"Nira Pereg travaille en s'immergeant dans des contextes à la fois
familiers et conflictuels (...) Elle porte son corps et son regard au
milieu de zones-frontières et son oeuvre filmée (constitue) une
approche patiente et sensible des noeuds sociaux" (N. Bourriaud)
en particulier des stratégies d'appropriation de lieux et de
territoires, à travers leurs manifestations poétiques ou tragiques.

www.nirapereg.net









Till ROESKENS (*1974, Freiburg, Allemagne, vit à Marseille) :

Vidéocartographies : AÏda, Palestine. 1 Vallée Ahmed par Mahmoud Issa,
2 Tombeau de Rachel par Claire et George Anastas, (2009), vidéo N/B, son,
extraits d'un ensemble de 6 chapitres, 46 min. Courtesy Revue Dérives.










"J'ai demandé aux habitants du camp Aïda à Bethléem d'esquisser
des cartes de ce qui les entoure. Les dessins en train de se faire ont
été enregistrés en vidéo, de même que les récits qui animent ces
géographies subjectives" Ainsi voit-on comment ces hommes et ces
femmes se battent pour leur liberté de mouvement, s'obstinent à
vouloir simplement vivre leur vie...









Louis LLECH (1902-1983, Perpignan)/ Louis ISAMBERT :
L'Exode d'un peuple
(1939),film muet, N/B, 29 min (extraits).
Prêt de l'Institut Jean Vigo, Perpignan.










Du 28 Janvier au 13 Février 1939, 475 000 personnes, civils et soldats, ont passé la
frontière française, en différents points : Cerbère, Le Perthus, Prats
de Mollo, Bourg-Madame...Il reste peu de documents filmés de la
Retirada;
Ici, parmi huit séquences définies par des cartons :
1 "Sur le versant espagnol", réfugiés regroupés en masse, plans
d'une grande foule.
2 "Sur la ligne frontière", passage en masse de familles et civils,
réquisition des armes, pistolets et fusils par camions entiers.
...
"Passage des brigades internationales", contrôle des familles et
soldats, passage de chars blindés...Départ sur la route avec les
réfugiés : plans fixes puis travelling depuis une voiture empruntant
le même chemin.
3 "Transfert vers les camps de concentration".




Bruno BOUDJELAL(*1961, Montreuil) : Harragas , (2012), montage mosaïque de neuf films réalisés avec des portables, couleur, son, 5 min. Courtesy Agence VU.





"Harraga est un mot arabe qui veut dire brûler. On désigne ainsi les jeunes qui partent, qui brûlent la route, pour essayer de rejoindre l'Europe... Le téléphone portable a un rôle très important lors de la traversée : il leur permet de connaitre leur position en mer et aussi de photographier et filmer leur périple. Ils gardent ainsi une trace de leurs aventures qu'ils pourront montrer ou bien envoyer à ceux qui sont restés au pays... C'est par hasard que j'ai appris l'existence de ces petits films qui circulaient au pays dans la famille ou parmi les amis de ceux qui sont partis "brûler la route". J'ai pu en récupérer quelques-uns. La pièce ici présentée a été faite avec ces films."







Adrian PACI (*1969, Albanie, vit en Italie) : The Column (2013)
vidéo HD, couleur, son, 25min40, Courtesy Kaufmann Repetto, Milan /
Galerie Peter Kilchmann, Zurich.










" On m'avait dit qu'en Chine il y a un beau marbre, de bons artisans
peu chers et rapides car ils travaillent pendant le transport du bloc de
marbre en bateau. J'ai trouvé cela extraordinaire, c'était si étrange,
à la fois malade et fabuleux, quelque chose de mythologique et en
même temps en rapport avec la logique capitaliste du profit qui fusionne
les temps de la production et du transport. Il y a dans cette entreprise
quelque chose de conflictuel et quelque chose de fabuleux, du réel et de
la fiction. C'est une structure narrative ou la chronique de faits réels se
mêle à la légende et au conte de fée. Bien sûr, un des éléments les plus
fascinants ici, c'est la création d'un modèle de colonne classique occidentale
par un groupe de travailleurs asiatiques pendant le voyage vers l'Europe.
Pour la colonne, c'est une sorte de retour au bercail."






Images/Ventenac bénéficie du soutien du Grand Narbonne, du
Département de l'Aude et de la Région Midi Pyrénée-Languedoc Roussillon.